L’oeuvre de Gérard Garouste se nourrit d’une réflexion sur les figures mythiques qui traversent l’art et la littérature occidentale, du personnage d’Orion à La Divine Comédie ou Don Quichotte ; il affirme sa conviction que les dimensions du religieux, du mythe et de l’histoire s’entrecroisent à travers les époques…
" Pour moi, la peinture, c’est la pensée qui passe par la main. Je ne sais combien de fois on a annoncé sa mort. Je n’y crois pas. La peinture sera toujours recommencée, quelque part, dans un hôpital psychiatrique ou le cahier d’un enfant."
C’’est un survivant revenu de mille naufrages. A 63 ans, le peintre Gérard Garouste, auteur de plus de 600 toiles exposées dans les musées du monde entier, signe « L’intranquille » (éd. L’Iconoclaste), une autobiographie courageuse où il raconte ses délires, ses dépressions et ses multiples séjours en hôpital psychiatrique. Des vagues de folie, héritage d’une enfance traumatisée, qui abreuvent parfois son art mais ont failli le noyer. Dans ces épreuves, il a trouvé deux bouées de sauvetage : sa femme, la célèbre designer Elisabeth Garouste, et les grands textes de l’histoire humaine, de la Bible à la Torah, de Cervantès à Dante. Gérard Garouste revient sur le passé alors qu’il a de multiples projets, comme la grande rétrospective de son œuvre organisée le 12 octobre prochain à la Villa Médicis à Rome à la demande de Frédéric Mitterrand. Aujourd’hui, l’artiste se dit apaisé mais il reste vigilant : il sait que ses démons ont la vie dure…